Voilà bien le type de discussions, stériles à notre avis, auxquelles nous ne tenons pas du tout à nous livrer. On peut affirmer sans se tromper que tout a été dit et écrit, maintes et maintes fois sur les questions soulevées par ce texte. D’abord, du vivant de Trotsky, puis dans la période 1940-1960 où se sont produits la plupart des changements dans la situation mondiale qui pouvaient poser problème (pays du glacis de 1945 à 1948, Chine 1947-49, Cuba 1960).
Depuis, rien de nouveau n’a pu être apporté, en tout cas rien de nouveau par des révolutionnaires prolétariens ayant une quelconque expérience vécue d’un processus révolutionnaire réel (à moins qu’on ne tienne pour des révolutionnaires prolétariens Tito, Mao, Castro, Guevara…
Source: pinaquote.com via Prinkipo on Pinterest
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Ce qui révolte un prolétaire conscient dans le racisme ce n’est pas seulement l’aspect barbare de la chose, c’est aussi ce qui le révolte dans la xénophobie et le nationalisme : quand le racisme et la xénophobie sévissent au sein de la classe ouvrière, ils la divisent, ils l’affaiblissent. Les ouvriers ont beaucoup à perdre dans la xénophobie et le nationalisme : leur solidarité de classe, leur cohésion de classe, c’est-à-dire cela seul qui leur permet de lutter contre le patronat et la bourgeoisie.
Le petit-bourgeois victime de la discrimination raciale, subit tout autant que ses frères de race les humiliations, les vexations, les violences que cela suppose. Mais en outre, ce que le petit-bourgeois victime de cette discrimination a aussi à perdre, qu’il soit noir en Amérique du Nord, noir en Afrique du Sud, en Nouvelle-Calédonie ou aux Antilles françaises… par exemple, c’est sa possibilité d’ascension sociale, la possibilité de se différencier socialement de sa communauté « raciale ». Et quand les petits-bourgeois des pays colonisés revendiquent l’indépendance nationale, c’est la possibilité de se désolidariser socialement de leurs frères de « race » qu’ils revendiquent, en leur offrant en retour la solidarité nationale !
Le choc psychologique personnel qui selon la biographie officielle de Gandhi aurait été à l’origine de sa prise de conscience nationale indienne, fut de se voir interdire en Afrique du Sud à la fin du siècle dernier, l’accès aux premières classes dans les trains, lui, le diplômé des meilleures universités anglaises, lui l’avocat de renom, membre de l’élite hindoue. Ce n’est pas l’existence des premières classes qui le révoltait, mais le fait que les Hindous n’y aient pas accès. Ce n’est pas la discrimination sociale qui révolte les petits-bourgeois opprimés, c’est la seule discrimination raciale. Et dans ce cas, leur révolte contre la discrimination raciale est aussi le point de départ de leur prise de conscience nationale.
Voilà pourquoi la petite-bourgeoisie des pays sous-développés veut lutter contre le racisme au nom même du nationalisme. Voilà pourquoi le prolétariat ne peut pas séparer sa lutte contre le racisme de son combat contre le nationalisme, de son combat contre l’exploitation.
Et quand par aventure, hélas, le prolétariat croit pouvoir lutter effectivement contre le racisme au nom même de son appartenance nationale, cela signifie simplement qu’il troque son identité de classe pour une identité nationale. Cela signifie qu’il se met politiquement à la remorque de la bourgeoisie.
Et ce qui est vrai pour le combat -anti-raciste, antiségrégationniste dans les pays pauvres, pourrait l’être tout aussi bien pour le combat antiraciste dans un pays industriel en crise comme la France.
Le combat prolétarien contre le racisme n’est pas séparable du combat contre l’exploitation. Parce que toutes les oppressions, toutes les inégalités, toutes les discriminations prennent appui sur l’exploitation et sur l’opposition des classes sociales.
Lutter contre le racisme et la xénophobie, avec esprit de suite, sans hypocrisie, c’est montrer aujourd’hui sa haine des exploiteurs, son refus d’être faible et sa volonté de changer le rapport des forces entre le prolétariat et la bourgeoisie.
Oui, le prolétariat conscient se doit d’être solidaire du combat anti-raciste de SOS racisme, sans pour autant en adopter l’idéologie.
Car les seuls anti-racistes conséquents ne peuvent être que les internationalistes, ceux qui se déterminent par rapport aux frontières de classes, pas par rapport aux frontières nationales.
LO, avril 1985
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La lutte contre le racisme et le nationalisme, fait partie du combat permanent des révolutionnaires internationalistes. C’est en fait le même combat, et c’est la raison pour laquelle les prolétaires conscients ne combattent pas le racisme de la même façon ni pour les mêmes raisons que les petits bourgeois dont l’anti-racisme s’arrête là où commence leur nationalisme.
A proprement parler, le combat anti-raciste de la classe ouvrière ne peut pas se limiter à la lutte contre le racisme sous peine de représenter un piège. Beaucoup de gens ayant des intérêts différents peuvent se rencontrer sous la bannière de l’anti-racisme. Et la lutte anti-raciste, conçue comme une simple bataille humanitaire, visant à la réconciliation des hommes entre eux, n’est pas un combat prolétarien. Ce n’est pas pour rien qu’en 1848 Marx avait pris la peine de substituer à la vieille devise de la Ligue des communistes « Tous les hommes sont frères », la nouvelle exhortation révolutionnaire« Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! ». Marx précisait qu’il y avait trop de personnages dans le monde dont il ne désirait pas être le frère !
« On a accusé les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas (…) Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles (…) Que les classes dirigeantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste ! Les prolétaires n’y ont à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner. PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS ! »
Le Manifeste Communiste se terminait par ces mots qui, simplement prophétiques en cette première moitié du 19e siècle, seraient repris quelques décennies plus tard par des centaines de milliers d’ouvriers organisés dans les organisations de masse de la social-démocratie des différents pays d’Europe, puis par les millions d’ouvriers qui dans le monde entier porteraient leurs espoirs vers l’Internationale Communiste révolutionnaire des années 20.
C’est à dessein que les intellectuels qui sont aujourd’hui à la tête du mouvement anti-raciste parlent toujours de racisme mais jamais de nationalisme. Le racisme les gêne, pas le nationalisme. Et pourtant, qu’est-ce que le racisme, sinon la haine de l’étranger ? Ces intellectuels savent bien que la notion de race n’est pas scientifique et que le racisme n’est qu’un avatar du nationalisme et de la xénophobie. Seulement, s’ils rejettent le racisme, ils admettent le nationalisme. Ce qui revient à prétendre que le racisme n’a pas de support rationnel, mais que le nationalisme en a un. Mais les travailleurs, les gens simples, eux, qui n’ont pas la possibilité d’utiliser des abstractions pour masquer leurs préjugés, ne font pas la différence. Comment faut-il définir le sentiment du Français qui n’aime pas les Espagnols, et de l’Espagnol qui méprise les Portugais ? Le sentiment de l’ouvrier algérien qui n’aime pas les Marocains ? Comment qualifier les motivations de ces Français aux noms polonais et italien qui ont cru pouvoir justifier le meurtre d’un Marocain en déclarant qu’ils n’aimaient pas les Arabes ? Est-ce du racisme ou de la xénophobie ?
A quoi correspond le sentiment des immigrés d’hier ou d’avant-hier qui manifestent du mépris et de l’hostilité à l’égard des immigrés récents, sinon à cette perversion des opprimés qui consiste à chercher dans leur appartenance nationale l’illusion qu’ils échappent au sort des derniers arrivés ? Et qu’est-ce que le nationalisme, sinon une manière d’enjoliver son propre esclavage en faisant mine de croire que la source de ses malheurs est à mettre au compte des esclaves d’à côté ?
Où donc, ceux qui prétendent qu’on peut se débarrasser du racisme tout en étant nationaliste mettent-ils la frontière entre le racisme et le nationalisme ? Ils mettent tout bonnement une frontière de classes entre les deux.
Le racisme, c’est le nationalisme sale, le nationalisme cru, sans masque, dépouillé de toutes ces fadaises prétendument culturelles auxquelles les pauvres n’ont de toute façon pas accès. Le racisme, c’est le nationalisme des pauvres. Le nationalisme grossier, inculte et violent des misérables, le nationalisme de ceux qui n’ont pas la ressource de séparer les actes des idées, et les préjugés de leurs conséquences pratiques.
Le nationalisme honorable, lui, le nationalisme propre, le nationalisme tout court, n’est jamais que la couverture politique de la xénophobie des gens cultivés, ou, plus exactement, et pire, la xénophobie entretenue au sein des classes pauvres par la gent « éclairée ».
Car tous ceux qui veulent concilier l’antiracisme avec le nationalisme ne contribuent en vérité qu’à agrémenter les préjugés nationalistes d’une idéologie humanitaire. C’est leur façon de dédouaner le nationalisme au nom de l’antiracisme, leur façon « douce » de corrompre le milieu ouvrier en donnant aux préjugés nationalistes et xénophobes l’auréole morale de la « tolérance culturelle ».
Et quelle différence y a-t-il entre le nationalisme agressif d’un Le Pen et le nationalisme éclairé de l’anti-raciste Chevènement qui se contente pour sa part de vouloir faire chanter « qu’un sang impur abreuve nos sillons » aux enfants des écoles ? La différence entre le cynisme et l’hypocrisie, entre l’idéologie des exécuteurs de basses oeuvres et celle de ceux qui « à leur corps défendant » lancent le pays dans les guerres coloniales. La différence entre la mentalité d’un homme comme Le Pen qui participait aux basses besognes de la répression en Algérie et la mentalité d’un lettré français comme Mitterrand à la tête du ministère de l’Intérieur ou du ministère de la Justice qui l’avait sous ses ordres. Mitterrand, l’homme de gouvernement, fit sans frémir le choix de participer à la direction d’une répression qui fit des centaines de milliers de morts pour la seule raison qu’il considérait que « L’Algérie c’est la France ». Le Pen, lui, n’était pour l’homme de gouvernement, qu’un mal nécessaire lorsque la raison d’État l’exigeait. Chez les politiciens bourgeois fussent-ils de gauche, la haine envers les exploités et les opprimés qui se révoltent est toujours plus implacable que leur aversion pour le racisme et la torture, toujours plus profonde que la crainte que leur inspirent les racistes et les tortionnaires.
LO, 1985
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Pour que ces idées continuent d’être propagées nous ne pourrons plus compter sur les médias. Si tant est que nous avons pu « compter sur les médias » … Nous avons tout de même profité de l’égalité du temps de parole et cela nous a permis de faire connaitre notre politique à un nombre bien plus grand de travailleurs que dans notre activité quotidienne dans les entreprises et dans les quartiers populaire où nous sommes présents.
Mais cette égalité de temps de parole n’était qu’une parenthèse de la vie politique, et elle a d’ailleurs été un véritable supplice pour de nombreux journalistes, qui auraient tant aimé papoter entre gens du même monde et que nous avons manifestement dérangé. Résumer l’élection à un duel Sarkozy-Hollande, éventuellement pimenté d’un challenger aussi radical que… Bayrou, leur aurait mieux convenu !
Maintenant que la loi n’oblige plus à rien, les journalistes vont nous faire disparaître au plus vite des écrans radar de télé ou de radio. Tous les journalistes qui prétendent incarner l’opinion publique et qui ne sont en fait que les plumes serviles de l’ordre social, chargés de véhiculer le conformisme et de formater l’opinion publique dans l’idée que la société actuelle est la seule concevable, prendront prétexte de nos 0,5 % pour ne pas nous donner la parole.
Nous allons donc disparaître des médias. Eh bien, ce n’est pas grave : demain comme hier, nous saurons nous donner les moyens militants pour défendre nos idées.
Il faut se saisir de toutes les occasions pour rencontrer les sympathies qui sont nées dans cette campagne. Nous avons découvert de nouveaux amis jusqu’en… Polynésie ! Alors oui, nous avons ici et là des soutiens à découvrir, à rapprocher et à associer à notre activité. Il faut nous donner les moyens de les rencontrer.
Les élections législatives nous en donnent l’occasion puisque nous aurons des candidats dans toutes les circonscriptions du pays. Cela multipliera les occasions de joindre et réunir ceux qui ont approuvé notre campagne et se sont sentis représentés. Cette nouvelle campagne démarre dès maintenant, elle sera courte mais elle sera aussi propice pour tisser de nouveaux liens.
L’apolitisme ambiant, le faible moral des travailleurs et les illusions électoralistes ont conduit à faire le succès de « la révolution citoyenne » et du remix 2012 de la prise de la Bastille ! Mais ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui s’est réclamé du communisme, de la perspective d’une société débarrassée du profit, du marché et de la propriété privée, c’est nous !
Nous avons montré qu’il existe bel et bien un courant communiste révolutionnaire. Il est aujourd’hui minoritaire. Mais ce n’est pas la première fois. S’il n’a pas disparu malgré la pression du stalinisme, malgré la pression du réformisme et de l’électoralisme, c’est qu’il y a toujours eu des hommes et des femmes qui ont su être à contre-courant et qui ont tenu envers et contre tout à leurs convictions, à leur idéal. C’est par vents contraires que l’on juge la fidélité aux idées communistes.
Alors aujourd’hui, c’est à nous d’assurer la transmission des idées communistes révolutionnaires et nous pouvons en être fiers.
Et c’est plus que jamais nécessaire car la crise est un formidable accélérateur de l’Histoire. Elle ne fait pas qu’aggraver les conditions d’existence des classes populaires, elle remue aussi les consciences. La crise économique actuelle amènera un nombre croissant de travailleurs, de jeunes, à la conscience que renverser le pouvoir de la bourgeoisie n’est pas une utopie mais une nécessité. Eh bien, il faut qu’ils trouvent des militantes et des militants qui en défendent la perspective.
Autant l’on peut constater que la révolte s’accumule dans la classe ouvrière, qu’il y a une rage impuissante qui couve, autant personne ne peut dire quand elle explosera. Quand surviendront les luttes, comment, nous ne pouvons pas le dire. En revanche ce qui dépend de nous, c’est que nous soyons là et qu’il y ait un parti, le plus large possible capable de défendre une politique pour ces luttes.
Il faut encore un parti, implanté un peu partout, reconnu par une fraction non négligeable des nôtres. Ce parti n’existe pas encore, il nous faut œuvrer dès demain à sa construction.
Nous en avons les fondations, nous avons posé les premières briques, il faut continuer ! Pour y parvenir complètement, il faudra des luttes qui mobilisent en profondeur les rangs de la classe ouvrière, mais nous pouvons avancer dans cette construction.
La campagne électorale que nous venons de faire nous donne un point d’appui. Oh ! ce ne sont pas nos résultats électoraux qui vont nous aider. Mais le score est une chose, la campagne et les idées que nous avons propagées en est une autre.
Les résultats électoraux s’oublient, alors que les idées vont faire leur chemin. L’interdiction des licenciements, l’échelle mobile des salaires, le contrôle des travailleurs ont beau être balayés d’un revers de main par la plupart des journalistes – qui n’imagineraient pas eux-mêmes vivre avec moins de 1700 € –, ce sont des mesures évidentes, souhaitées par tous les travailleurs, parce qu’elles répondent à leurs exigences vitales.
Et c’est en cela que oui, nous avons réussi cette campagne et qu’il faut continuer d’aller de l’avant.
Au-delà du score, camarades, nous pouvons être fiers de cette campagne. Parce que nous avons pu y défendre toutes nos idées et parce que ces idées ont touché bien des travailleurs, des pauvres, des chômeurs.
Nous avons touché, conforté et influencé y compris des électeurs qui ne se sont pas portés sur mon nom. Je le sais, au travers des courriers et des messages de soutien que nous avons reçus. Vous le savez, au travers des discussions que vous avez eues : nous avons attiré de la sympathie et du respect pour notre politique dans les classes populaires, largement au-delà de ceux qui ont voté pour nous.
Ce respect, nous l’avons gagné parce que nous avons défendu nos idées, parce que nous avons défendu sans concession les mesures nécessaires aux classes populaires, cette interdiction des licenciements dont on nous a dit et répété qu’elle n’était pas possible, que c’était une horreur économique, l’augmentation des salaires et le smic à 1 700 € dont on nous a rabâché qu’ils mettraient toute l’économie sur la paille, le contrôle des travailleurs sur les entreprises, quand bien même on nous a expliqué qu’il était sacrilège.
Le respect et la sympathie, nous les avons aussi gagnés en affirmant nos convictions communistes. Nous avons montré qu’il existe, dans le pays, un courant qui ne se résigne pas au capitalisme et qui affirme que les travailleurs ne sont pas seulement des victimes et des exploités mais qu’ils peuvent et doivent revendiquer la direction de la société. Oui, dans cette campagne nous avons levé le drapeau du communisme.
Nous l’avons fait en connaissance de cause : en sachant que ce ne serait pas payant électoralement, en sachant que nous serions à contre-courant, qualifiés d’utopistes ou accusés du pire.
Nous l’avons fait et je crois que nous l’avons réussi. S’il a été question du communisme dans cette campagne, si l’on a parlé de l’expropriation des banquiers, de l’expropriation des groupes capitalistes, du renversement de la bourgeoisie, c’est de notre fait.
Le plus inquiétant dans les résultats est le pourcentage de voix obtenues par Marine Le Pen. Il est l’expression du renforcement de l’extrême droite dans l’opinion publique. Cette montée de l’extrême droite représente une menace pour les travailleurs.
Malheureusement, l’élection de Hollande à la présidence de la République et l’éventualité d’un gouvernement socialiste ne protègeront en rien les travailleurs contre cette menace. Car, plus sera grand le mécontentement provoqué par les mesures d’austérité que Hollande sera amené à prendre sous la pression des milieux financiers, plus cela renforcera l’extrême droite.
Seul le renforcement des forces qui se situent sur le terrain des intérêts politiques de la classe ouvrière peut constituer un contrepoids au renforcement de l’extrême droite et l’empêcher de s’arroger le monopole de l’opposition.
Comme tous les pays de la zone semi-désertique du Sahel, qui s’étend de la Mauritanie au Soudan, le Mali est aujourd’hui frappé par une grave crise alimentaire. Dans la région, 13 à 15 millions de personnes sont menacées par la famine, dont 3 millions au Mali.
Le Mali, grand comme deux fois la France et peuplé de 10 millions d’habitants, est un des vingt pays les plus pauvres du monde. Il a
Le 6 avril, sous la pression de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a instauré un blocus aux frontières, la junte militaire qui avait pris le pouvoir au Mali deux semaines plus tôt a accepté officiellement de le transmettre aux civils.
Dimanche 8 avril, Amadou Toumani Touré, président du Mali renversé le 22 m